Formations obligatoires en entreprise : la liste complète 2026

formations en entreprise

Tout employeur doit former ses salariés à la sécurité. Cette obligation est inscrite dans le Code du travail, elle s’applique dès le premier salarié, et c’est une obligation de résultat : en cas d’accident, avoir « fait des efforts » ne suffit pas à dégager la responsabilité de l’entreprise. Reste à savoir lesquelles de ces formations s’imposent à votre structure, à quelle fréquence les renouveler, et qui doit les suivre.

Cet article passe en revue l’ensemble des formations obligatoires en 2026, classées par logique d’obligation : le socle commun à toutes les entreprises, les formations liées à un poste ou à un équipement, celles qui dépendent de la taille de l’effectif, et les obligations propres à certains secteurs. Une table récapitulative en milieu d’article reprend chaque formation, sa base légale et sa périodicité.

Pourquoi ces formations sont obligatoires

L’obligation découle de l’article L.4121-1 du Code du travail, qui impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Parmi ces mesures figurent explicitement les actions d’information et de formation. L’article L.4141-2 précise que l’employeur organise une formation pratique à la sécurité au bénéfice des salariés, à l’embauche et chaque fois que nécessaire.

Une formation devient donc obligatoire dans deux cas. Soit un texte la rend explicitement obligatoire pour exercer une activité, comme l’habilitation électrique ou le CACES. Soit l’évaluation des risques de l’entreprise, formalisée dans le document unique, identifie un risque qui appelle une compétence particulière. Le DUERP est ainsi la pièce maîtresse : c’est lui qui détermine quelles formations de la liste ci-dessous votre entreprise doit réellement mettre en place.

Ces formations se déroulent sur le temps de travail et sont rémunérées comme tel, conformément à l’article L.6321-2. Leur coût est à la charge de l’employeur.

Le socle commun à toutes les entreprises

Quatre obligations concernent la quasi-totalité des structures, quel que soit leur secteur.

La formation à la sécurité au poste de travail. Tout nouvel arrivant reçoit une formation pratique à la sécurité adaptée à son poste, qui porte sur les conditions de circulation, l’exécution du travail et la conduite à tenir en cas d’accident. Cette obligation s’étend aux intérimaires, aux salariés en contrat court et aux salariés qui changent de poste. Elle se renouvelle à chaque évolution significative du poste, des équipements ou des procédés.

La formation incendie. L’article R.4227-28 impose que tout début d’incendie puisse être combattu rapidement. En pratique, l’ensemble du personnel doit connaître les consignes d’évacuation et savoir réagir face à un départ de feu. Les exercices d’évacuation sont obligatoires au moins tous les six mois dans les établissements soumis à la consigne de sécurité incendie (article R.4227-39). Des salariés désignés sont formés à des rôles précis : équipiers de première intervention, guides-files et serre-files.

La formation gestes et postures. Dès qu’un poste comporte de la manutention manuelle, l’article R.4541-8 impose une formation adéquate à la sécurité relative à ces opérations. Elle vise à prévenir les troubles musculo-squelettiques, premier poste de maladies professionnelles reconnues en France. Pour les environnements à forte sollicitation physique, la formation PRAP va plus loin et débouche sur un certificat national.

Le sauveteur secouriste du travail (SST). L’article R.4224-15 impose la présence de secouristes formés dans chaque atelier où sont effectués des travaux dangereux et sur chaque chantier d’au moins vingt personnes pendant plus de quinze jours. Au-delà de ces cas, former des SST relève de l’obligation générale d’organiser les secours. Le certificat est valable 24 mois, avec un recyclage de 7 heures pour le conserver.

Les formations liées à un poste ou à un équipement

Ces formations conditionnent l’exercice même de certaines tâches. Sans elles, le salarié n’est pas autorisé à intervenir.

L’habilitation électrique. Obligatoire pour tout salarié qui intervient sur ou à proximité d’installations électriques, y compris les non-électriciens qui réalisent des opérations simples. Elle repose sur la norme NF C18-510. L’employeur délivre le titre d’habilitation après formation. L’INRS recommande un recyclage tous les trois ans, ramené à deux ans pour les interventions occasionnelles.

Le CACES et l’autorisation de conduite. La conduite d’équipements comme les chariots élévateurs, les nacelles ou les engins de chantier exige une formation et une autorisation de conduite délivrée par l’employeur. Le CACES en est le support le plus courant. Sa validité varie selon la famille d’engins : cinq ans pour les chariots (R489) et les nacelles (R486), dix ans pour les engins de chantier (R482).

L’AIPR. L’autorisation d’intervention à proximité des réseaux concerne les personnels qui préparent ou réalisent des travaux près de réseaux enterrés ou aériens. Elle se valide par un examen et reste valable cinq ans.

Les formations incendie renforcées. Dans les établissements à risque élevé, certains salariés deviennent équipiers de seconde intervention, ou sont formés au port de l’appareil respiratoire isolant (ARI) ou à l’exploitation d’un système de sécurité incendie (SSI). Le travail en hauteur et le montage d’échafaudages relèvent de la même logique d’habilitation par le risque.

Les formations liées à la taille de l’entreprise

Certaines obligations se déclenchent à partir d’un seuil d’effectif.

Le référent harcèlement. Toute entreprise dotée d’un CSE désigne un référent harcèlement sexuel et agissements sexistes parmi les élus, quel que soit l’effectif. Les entreprises d’au moins 250 salariés désignent en plus un référent côté employeur. Ce référent doit être formé pour exercer sa mission.

La formation SSCT des élus du CSE. Tous les membres du CSE, titulaires comme suppléants, suivent une formation en santé, sécurité et conditions de travail. Depuis le 31 mars 2022, sa durée minimale est de cinq jours lors du premier mandat, quelle que soit la taille de l’entreprise. Au renouvellement, elle passe à trois jours, portée à cinq jours pour les membres de la commission SSCT dans les entreprises d’au moins 300 salariés. À noter pour 2026 : la loi de simplification du 28 mai 2026 a supprimé l’agrément préfectoral des organismes de formation CSE, désormais soumis à la seule déclaration d’activité.

La formation économique du CSE. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, les élus titulaires bénéficient d’une formation économique d’une durée maximale de cinq jours, renouvelable après quatre ans de mandat.

Les formations propres à certains secteurs

L’activité impose parfois ses propres obligations, qui se cumulent avec le socle commun.

La restauration commerciale doit compter un référent formé à l’hygiène alimentaire (méthode HACCP). Les travaux de retrait ou d’encapsulage d’amiante exigent une formation spécifique avec recyclage tous les trois ans. Le transport de marchandises dangereuses relève de la réglementation ADR, dont le volet 1.3 impose une sensibilisation des personnels concernés. Le secteur sanitaire et médico-social, le BTP, l’industrie chimique et la logistique ajoutent chacun leurs exigences, que le DUERP du site permet d’identifier.

Tableau récapitulatif des formations obligatoires

FormationQui est concernéBase légalePériodicité / recyclage
Sécurité au posteTout salarié, à l’embaucheL.4141-2À chaque embauche ou changement de poste
Incendie (évacuation)Tout le personnelR.4227-28 et R.4227-39Exercice tous les 6 mois
Manipulation extincteursPersonnel désignéR.4227-39Recommandé tous les 6 mois à 3 ans
EPI / guide-file / serre-fileSalariés désignésR.4227-28Recyclage recommandé 1 à 3 ans
Gestes et posturesPostes avec manutentionR.4541-8Recommandé tous les 2 à 3 ans
PRAP (acteur)Postes physiques exposésR.4541-8Certificat 24 mois
SSTSelon risques et DUERPR.4224-15Certificat 24 mois
Habilitation électriqueIntervention électriqueNF C18-510Recyclage recommandé 3 ans
CACES chariots / nacellesCaristes, opérateursR.489 / R.4865 ans
CACES engins de chantierConducteurs d’enginsR.48210 ans
AIPRTravaux près des réseauxArrêté du 22 déc. 20155 ans
Référent harcèlementÉlu CSE + employeur (≥250)L.1153-5-1Formation des élus CSE
SSCT des élus CSETous les élus CSEL.2315-185 j (1er mandat), 3 j ou 5 j au renouvellement
Formation économique CSETitulaires (≥50 salariés)L.2315-635 j max, renouvelable après 4 ans
HACCPRestauration commercialeDécret du 24 juin 2011Pas de recyclage légal défini
Amiante (SS4)Travaux d’interventionCode du travail R.4412Recyclage 3 ans

Quand former : les moments qui déclenchent l’obligation

Une formation obligatoire n’est jamais acquise à vie. Cinq moments déclenchent ou réactivent l’obligation : l’embauche d’un salarié, le changement de poste ou de fonction, l’arrivée d’un nouvel équipement ou d’une nouvelle technologie, l’apparition d’un risque identifié lors de la mise à jour du DUERP, et la demande du médecin du travail après un arrêt prolongé. À cela s’ajoutent les recyclages périodiques propres à chaque formation, qui figurent dans le tableau ci-dessus.

Le suivi de ces échéances est devenu un enjeu en soi. Le passeport de prévention, dont l’espace employeur ouvre progressivement en 2026, vise à centraliser et à tracer ces formations pour faciliter la preuve de conformité lors d’un contrôle.

Qui finance et comment

L’employeur finance les formations obligatoires et maintient la rémunération pendant leur durée. Plusieurs leviers réduisent le coût réel. L’OPCO de l’entreprise peut prendre en charge tout ou partie des actions inscrites au plan de développement des compétences, y compris la formation SSCT des élus dans les entreprises de moins de 50 salariés. Le format intra-entreprise, où le formateur se déplace sur site, abaisse le coût par participant dès une dizaine de salariés à former. Le recours à un organisme certifié Qualiopi conditionne par ailleurs l’éligibilité aux financements.

Ce que risque l’employeur en cas de manquement

Le défaut de formation expose à une amende pouvant atteindre 10 000 € par salarié concerné (article L.4741-1). En cas d’accident du travail, l’absence de formation adaptée peut conduire à la reconnaissance d’une faute inexcusable de l’employeur, avec majoration de la rente versée à la victime et indemnisation complémentaire. S’ajoutent une possible majoration du taux de cotisation accidents du travail par la CARSAT et, sur le terrain réputationnel, la perte de crédibilité lors d’appels d’offres où ces preuves sont régulièrement demandées.

Le document unique illustre ce durcissement. La loi du 11 mai 2026 permet désormais à l’inspection du travail de prononcer directement une amende administrative pouvant atteindre 4 000 € par salarié en cas de DUERP absent ou non mis à jour, sans passer par un juge.

Questions fréquentes

Quelles formations sont obligatoires dans toutes les entreprises ? Le socle commun comprend la formation à la sécurité au poste à l’embauche, la formation incendie obligatoire avec exercice d’évacuation tous les six mois, la formation gestes et postures pour les postes avec manutention, et la présence de sauveteurs secouristes du travail selon les risques. Le reste dépend de l’activité, des équipements et de l’effectif.

Les intérimaires et les stagiaires doivent-ils être formés ? Oui. Toute personne qui intervient dans l’entreprise doit recevoir une formation à la sécurité adaptée à son poste dès son arrivée, y compris les intérimaires, les salariés en contrat court et les stagiaires.

Une formation obligatoire est-elle prise sur le temps de travail ? Oui. Elle se déroule pendant le temps de travail et la rémunération est maintenue. L’employeur ne peut pas l’imposer pendant les congés ou le repos.

Comment savoir précisément quelles formations s’appliquent à mon entreprise ? Le point de départ est le document unique d’évaluation des risques. Il identifie les risques par poste et détermine les formations nécessaires et leur périodicité. Une formation est obligatoire dès qu’un texte l’exige ou que le DUERP révèle le risque correspondant.

Que se passe-t-il si une formation n’est pas renouvelée à temps ? Le certificat ou l’habilitation perd sa validité. Pour le SST et la PRAP, un recyclage permet de récupérer la certification. Pour une habilitation électrique ou un CACES périmé, le salarié n’est plus autorisé à exercer la tâche concernée jusqu’au renouvellement.

écrit par

Thomas Habouzit

Fondateur Teamupp et expert QVCT depuis 2019

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